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Il
est 8h du matin et j’ai le sommet pour moi tout seul. A
l’ouest, côté Slovaque, se
dévoile une
superbe perspective plongeante sur la vallée
Kôprová dolina (« vallée des
Aneths »)
et le lac glaciaire Nižné Temnosmrečinské pleso.
Même chose, côté est, sur la
troisième grande
vallée dont l’exploration était
l’objet de ce
séjour dans les Tatras : la vallée Dolina Rybiego
Potoku
(« Vallée du Ruisseau à Truites
»), plus
communément connue sous le nom de Vallée de
Morskie Oko,
du nom du très grand lac qu’elle renferme. Morskie
Oko est
un endroit emblématique des Tatras. L’
« Oeil
de la Mer », comme son nom signifie, cumule les superlatifs.
C’est le lac glaciaire le plus large des Tatras, le plus
profond
aussi. Il est situé dans une enclave encaissée,
tout au
contraire de la Vallée des Cinq Lacs, qui accentue encore
davantage le côté spectaculaire de
l’endroit.
C’est l’un des seuls lacs à
être situé
aussi bas, à l’étage forestier. Un fait
également assez notable pour être
souligné pour un
lac de cette taille et qui rend ses rives de toute beauté.
C’est probablement la couleur bleu-océan de ses
fonds
profonds qui est à l’origine de son nom, et de la
légende associée, qui le lierait par un conduit
souterrain à la mer Adriatique. On parle des restes
d’un
navire, ainsi que d’un coffre de pierres
précieuses, ayant
coulé précisément dans
l’Adriatique…
Puisque j’ai fait tout à l’heure la
comparaison
entre les Colomers et les Cinq Lacs, faisons-en une nouvelle entre le
lac d’Oô et Morskie Oko. Le parallèle
est valable
aussi pour le fait que Morskie Oko est secondé par un
deuxième lac presque aussi grand, plus en amont, le lac
Czarny
Staw Pod Rysami (l’équivalent d’Espingo,
en plus
proche). Ajoutons enfin qu’au dessus de Czarny Staw Pod
Rysami,
c’est la voie qui monte au pic Rysy, 2503m, point culminant
de la
Pologne (mais pas des Tatras), sur la frontière. Du sommet,
je
n’aperçois que le reflet d’une portion
du lac Czarny
Staw, encore dans l’ombre, mais au fur et à mesure
que je
descends, par un long sentier en lacets, le site se
révèle à mes yeux. Quelle chance de le
découvrir pour la première fois ainsi, par le
haut, dans
la quiétude matinale ! A mi-chemin de la descente se
présente une cuvette, où gisent deux petits
laquets
glaciaires, à peine débarrassés de
leurs banquises
hiver- nales. Je décide de m’y avancer un peu par
simple
curiosité. Il y a un grand couloir redressé,
encore
enneigé, dans lequel continue normalement le sentier,
finissant
en cul de sac sur un col frontalier : Wrota Chałubińskiego. Ce passage
donne accès aux deux lacs Temnosmrečinské plese
mais,
malheureusement, la partie terminale du sentier
côté
Slovaque est interdite, le sentier officiel
s’arrêtant au
lac. Je reviendrai sur ce sujet.
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