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L’autre
intérêt de cet endroit, pour les randonneurs, est
que
cette cuvette permet l’accès à
« Mnich
», « le Moine ». C'est un
pinacle à la
forme acérée et spectaculaire, qu'on voit du lac
de
Morskie Oko. Tous les alpinistes friands de grimpe sont
attirés
par cette aiguille et viennent l’escalader en y
accédant
par derrière. Entre temps, les premiers rayons de soleil
sont
apparus et sondent, pareils à des projecteurs, les fonds des
lacs Morskie Oko et Czarny Staw, que j’aperçois
désormais nettement. La descente plonge nord-est,
à
travers la forêt, pour se rapprocher du déversoir
de
Morskie Oko, où se situe le refuge. Encore peu de monde
à
dix heures, malgré le bar en terrasse entièrement
rempli.
Je me dirige vers Czarny Staw, situé au-dessus. Je
longe en
premier la rive orientale ombragée de Morskie Oko, que je
juge
plus intéressante. Elle décrit de petites criques
et de
petits promontoires à l'extrémit
desquels les sapins
viennent pousser. L’eau y est émeraude et
l’ambiance
enchanteresse : on se croirait dans les Rocheuses du Canada. Et il
n’y a presque personne… Parvenu à
l’extrémité opposée, je
commence à
monter le court passage qui mène au lac
supérieur, Czarny
Staw. Mes jambes commencent vraiment à avoir leur dose, le
début est dur… et quel dommage que je ne puisse
pas
abandonner provisoirement mon sac à dos ici, comme
j’avais
fait pour Kościelec ! 250 mètres plus haut, me
voici au
bord lac où une île de banquise en forme de
croissant de
lune se déplace lentement au gré du vent.
L’endroit est impressionnant, dominé par un cirque
rocheux
dont les parois surplombent sur 800 mètres ! Les nuages
naissants ont fini par former des cumulus qui accrochent en permanence
les crêtes. Le soleil reste caché. Ce chaos
granitique de
roches sombres est lugubre. Il n’y a aucun doute sur
l’étymologie de « Czarny Staw
», le lac noir.
Si Morskie Oko rappelle l’Adriatique, celui-ci
évoque les
fjords de Norvège ! « Pod Rysami » - car
le Lac Noir
se situe sous le pic Rysy - est le pic le plus haut de Pologne, bien
qu’il ne soit pas le plus haut des Tatras, et il fait partie
des
« très grands », à 2503 m.
Très
fréquenté à la saison estivale, son
accès
est encore délicat à cette période.
J'examine la
rive opposée du lac et remonte du regard
le sentier.
Après une attaque raide en lacets, il se dirige sur la
gauche,
le long d’un grand pan de montagne à inclinaison
constante. Non loin de la fin, le sommet se conclut via une zone que
j’imagine sans peine équipée de
chaînes. La
neige ramollie recouvre beaucoup d’endroits.
Néanmoins, de
la foule qui pique-nique avec moi au bord du lac et qui grossit sans
cesse, je vois régulièrement des gens sortir pour
s’aventurer sans crampon vers le début de la
montée.
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