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carte géographique du Pérou
Paysage de la région de l'Ausangate
Lac et volcan du Sud Lipez
Fenêtre sur Macchu Picchu

Parmi les dessins animés marquants qui ont rythmé mon enfance et développé mon imagination, il y en a eu particulièrement un dont la richesse, l'action et la créativité ont attisé ma curiosité et éveillé mon esprit aventurier. Il s'appelait "les Mystérieuses Cités d'Or" et racontait les péripéties de trois enfants - Esteban, Zia et Tao - lancés malgré eux à la recherche de ces cités légendaires au coeur de l'Amérique du Sud à l'époque des conquistadors espagnols. Hergé en a bien sûr remis une couche avec son album "Tintin et le Temple du Soleil" qui acheva de me convaincre de me rendre un jour dans ce pays fabuleux qu'est le Pérou. Le rêve est devenu réalité à l'automne 2007. Accompagné de Guillaume, nous nous sommes embarqués dans une grande aventure à travers ce fabuleux continent que vous avez pu suivre en direct ici même pendant plus de deux mois. En voici maintenant un résumé également destiné à présenter les synopsis des différents reportages que nous y avons menés. Le temps de quelques lignes, le grand condor reprend son envol !

Eh oui rappelez-vous, dans le dessin animé, nos héros pilotaient un condor géant entièrement en or qui puisait sa force dans celle du soleil. Cela m'a inspiré l'esprit de ce nouveau voyage. Je me suis en effet demandé ce que ressentirait l'oiseau géant s'il survolait entièrement sa terre d'adoption, territoire à l'incroyable variété paysagère. Car on a souvent du Pérou cette image un peu classique de l'Altiplano andin, avec ses habi- tants enroulés dans leurs grands châles, coiffés de l'inévitable bonnet péruvien, le tout sur fond de flûte de pan et de lac Titicaca. Ca c'est pour l'imagerie et les cartes postales. Le véritable Pérou, celui qui sort des sentiers battus, celui que vivent ses habitants au jour le jour, nous avons eu envie de partir à sa rencontre, en nous mettant à l'écart du flux touristique habituel. Nous avons donc imaginé ce voyage comme une grande boucle entre le nord et le sud, pareil à un survol vu du ciel à bord du grand condor. Evidemment il y a eu pas mal d'imprévus, comme ce détour fabuleux par la Bolivie et le Salar d'Uyuni, qui nous ont forcés à rogner notre agenda et à tirer un trait sur des destinations plus sep- tentrionales. Il y a également eu la météo et les transports qui ont déjoué plusieurs de nos prévisions optimistes. Au final il demeure un voyage rempli de surprises dont nous vous présentons ici les grandes lignes.
Lima, c'est notre point d'envol, dans un sens comme dans l'autre. La capitale péruvienne est le point de départ incontournable de toute aventure. Aggloméra- tion tentaculaire, Lima compte aujourd'hui près de 8,2 millions d'habitants dont l'essentiel vit dans des bidonvilles.  Répartie en une cinquantaine de quartiers, la ville arbore encore ici et là le visage d'un riche passé colonial sans oublier la culture pré-inca sur laquelle elle s'est établie jadis.

Arriver à Lima constitue un choc pour nous autres européens. Nos repères habituels s'ef- fritent sur les murs sales et décrépis de cette ville fourmillante d'une activité frénétique. Le centre historique n'occupe qu'une partie minuscule, presque insignifiante, de cette ca- pitale qui ne cesse de s'étendre chaotiquement sur les poussiéreuses collines qui l'entou- rent. A première vue le désordre ambiant semble incontrôlé. A commencer par la circula- tion permanente de taxis, microbus et autres épaves, envahissant les artères de Lima dans la plus parfaite anarchie. Les rues résonnent du matin au soir d'un épuisant concert de klaxons et le code de la route est inexistant, tout comme la police à l'action fantôma- tique. Pourtant, après plusieurs semaines passées au Pérou, on finit par prendre cons- cience qu'une certaine organisation régit chaque action, chaque déplacement des Lime- nos, les habitants de Lima. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on finit par prendre ses marques dans ce système empreint de folie bien que certains éléments demeurent - et demeureront à jamais - incompréhensibles. Plus proches de la côte Pacifique, les quar- tiers de San Isidro et de Miraflores concentrent les milieux d'affaires et les résidences touristiques. Un parfum d'occident pas forcément agréable y plâne et les prix, d'habitude abusivement bas, y montent en flèche comme les parapentistes aspirés par les ascen- dants sur les falaises jouxtant la plage. A cette ambiance aseptisée, on préfère une im- mersion dans les quartiers populaires ainsi qu'une visite au site archéologique de Pacha- camac. La brume côtière permanente, grise et dépressive, dispensatrice d'une moiteur désagréable, nous incite finalement à quitter la ville pour filer par la Panaméricaine jusqu'à Nazca et ses célèbres géoglyphes. (ci-dessous, la Plaza de Armas de Lima)
Palais de l'Archevêché
Douby dans une rue de Lima
L'ambiance d'une rue de la capitale
Les collectivos font ronfler les moteurs au feu rouge
Dav et le village de Pachacamac
 
Le mirador sur la Panaméricaine
Les sculptures de Juan José
Douby à l'assaut du Cerro Blanco
Les momies de Chauchilla
Dav explore les aqueducs de Cantallo

1300 kilomètres de goudron s'étirent en plein coeur du désert de Lima à Tacna, à la frontière du Chili. Un ruban noir et chaud traversant des étendues arides que parcourent les bus des lignes régulières. Et au milieu de ça, la Panaméricaine s'é- lève subitement sur les hauts plateaux de Nazca, pampa de plusieurs milliers de kilomètres carré à la surface de laquelle ont été réalisés des géoglyphes comptant parmi les plus grandes énigmes terrestres. Dans un décor surprenant d'aridité, nous y avons rencontré Edgardo et Juan Carlos qui, chacun à leur façon, s'appli- quent à percer le mystère et à faire perdurer cette culture souvent éclipsée par celle, plus connue, des Incas.

A Nazca, nous sommes accueillis par Edgardo, le responsable du planetarium du presti- gieux Hostal Nazca Lines. Il anime chaque jour les conférences au sujet des lignes dans cet établissement. On ne pouvait rêver meilleur interlocuteur pour en apprendre un peu plus au sujet de ce phénomène qui intrigue le monde entier depuis des années. A bord d'un petit monomoteur, nous commençons par survoler le site, totalement impressionnés par ses formes incroyablement précises qui traversent le désert de part en part. Calen- drier cosmique, marques de dévouement envers des dieux, réseau complexe d'irrigation dans une région qui reçoit moins de deux millimètres d'eau par an ou pistes d'atterrissage pour engins spatiaux ? Aucune théorie n'a pu être certifiée. Avant de nous présenter à Juan Carlos, peintre et sculpteur descendant des Nazcas, Edgardo nous confie avoir été par deux fois témoin, en douze ans, de manifestations aériennes surnaturelles. Nous visi- tons également le cimetière de Chauchilla, avec ses momies en parfait état tournées vers le levant, ainsi que le surprenant système d'aqueducs de Cantallo, toujours en activité 1500 ans après. Du sommet du Cerro Blanco, à 2.078 mètres, la plus haute dune de sa- ble du monde, nous posons un regard différent sur cet univers de roc et de sable, aux limites invisibles pour l'oeil humain. Nasca, agréable ville au milieu du désert, mérite bien plus qu'une halte d'un seul jour comme le font l'essentiel des personnes lancées dans un voyage-express à travers le Pérou. (ci-dessous, panoramique de la région du Cerro Blanco)
 

Arequipa appartient à la catégorie des villes nécessairement visitées par tout vo- yageur lancé à la découverte du Pérou. Impossible d'y échapper pour ensuite s'en aller du côté du Puno et de Cuzco. Nous y ferons donc une pause, à l'ombre du volcan El Misti, confortablement logés dans une auberge pour backpackers qui nous servira de camp de base pour notre expédition à venir dans le canyon de Co- tahuasi. On y rencontre des gens bien sympas comme Virginie, une française ex- patriée pendant un an, et Cesar, un jeune péruvien travaillant dans l'hydro-élec- tricité. Portrait d'une ville parmi les plus charmantes du Pérou.

Idéale pour s'acclimater avant de s'élancer à l'assaut des hauts plateaux des Andes, Are- quipa est également un bon point de départ pour s'en aller explorer les grands canyons voisins. Il y a bien sûr celui de Colca, plébiscité par les agences de treks et la plupart des voyageurs. Mais, plus loin, au terme d'une route un peu plus aventureuse, il y a surtout celui de Cotahuasi, qui plonge à plus de 3300 mètres de profondeur, soit deux fois plus profond que celui du Colorado. La ville semble immédiatement plus lumineuse et propre que la capitale. La Plaza de Armas, entièrement construite en pierre de taille blanche, est sans aucun doute l'une des plus belles de tout le Pérou. Même la circulation, pourtant dense, semble plus fluide ici. Un certain niveau intellectuel anime également Arequipa, comme le prouvent ces nombreux instituts techniques où se rendent des étudiant(e)s en uniforme. Cesar est sorti diplômé de l'un d'eux et occupe aujourd'hui un emploi assez prestigieux au sein d'une grande entreprise d'énergie. Quant à Virginie, professeur d'es- pagnol en France, elle a pris une année sabbatique pour s'investir dans des associations péruviennes, comme ici dans une école des quartiers défavorisés d'Arequipa. Malgré ses boutiques de luxe et ses grands centres commerciaux, la cité n'échappe pas à la pauvreté qui galope jusque sous les flancs du Misti tout proche. Nous en avons un bref aperçu gra- ce à Cesar qui nous fait découvrir l'Arequipa non-touristique. A mille lieux de ça, le mo- nastère Santa Catalina accueille des centaines de visiteurs dans une débauche de cou- leurs époustouflantes. Le jour et la nuit. (ci-dessous, une vue d'Arequipa)
Le volcan El Misti qui domine Arequipa
En soirée avec Virginie
La Plaza de Armas d'Arequipa
Une vue de l'intérieur du Monastère San Catalina
En attendant le bus pour Cotahuasi au Terminal Terrestre
 
Dav sur les contreforts du village de Cotahuasi
Douby au bord de la Catarate de Sipia
Départ du trek dans la plaine d'Alca
Loïc et Douby au passage du col à 4.600 mètres
L'immensité de la pampa

Délaissé au profit de celui de Colca, le canyon de Cotahuasi demeure pourtant le plus profond du monde avec plus de 3.300 mètres en son point le plus bas. Y ac- céder est une aventure à part entière qui peut expliquer que peu de touristes ac- ceptent de s'y rendre. Une fois sur place on se retrouve au coeur de ce Pérou au- thentique et hors des sentiers battus, rapidement dépassés par le nombre de cho- ses à faire et ralentis par l'absence d'informations et de cartes. Pendant une se- maine, nous avons vécu au rythme de cette paisible bourgade, usant nos semelles dans les recoins de ce canyon méconnu.

Le guide nous avertit que se promener en ville au Pérou réclame de la vigilance et n'est pas toujours sûr. Pourtant, c'est rarement en milieu urbain que nous avons tremblé pour nos vies mais bien dans les bus pilotés à fond de train par des chauffeurs inconscients. Plus de la moitié du trajet vers Cotahuasi se fait sur des pistes montagneuses chaotiques où l'engin peine à manoeuvrer pendant que le conducteur en second dort dans la soute avec les bagages. On en sort épuisé et courbaturé aux aurores. Cotahuasi est un village de 3000 habitants où on vit essentiellement de l'agriculture. La brèche du canyon s'y décèle à son extrémité, s'incurvant en une longue virgule vers le sud-ouest et la catarate de Sipia, un impressionnant et étroit ravin dans lequel les eaux chutent en cascades bouillonnantes sur plusieurs centaines de mètres et dans un décor aride de western. Nous y retrouvons Loïc et Lisa, un couple de jeunes voyageurs bordelais rencontré à Nazca et qui vont nous accompagner au cours des deux jours de trek que nous allons effectuer entre Alca et Pampamarca. Pas de carte, pas de guide : notre instinct de montagnard nous servira de boussole pour rallier les deux villages. En chemin, on passe par Huynaco- tas, où on dispute une partie de foot avec tous les enfants du village. Pour le reste, c'est une splendide promenade à plus de 4.600 mètres qui nous attend et le regard émerveillé et curieux des autochtones croisés dans des fermes reculées du canyon. Deux jours en marge dans des paysages exceptionnels et immenses qui appellent à une exploration bien plus longue. (ci-dessous, un panorama du col atteint à plus de 4.000 mètres)


Andagua et la Vallée des Volcans constituent des objectifs originaux pour le voya- geur cherchant à sortir des sentiers battus. Après Cotahuasi, un détour par ce lieu peu plébiscité par le public s'imposait. Le manque de temps et d'informations nous fera souvent passer à côté de l'essentiel. Ce qui ne gâtera nullement notre plaisir, Andagua demeurant la province où nous recevrons l'un des plus chaleureux accueil de la part d'habitants heureux de vivre et toujours souriants. Bref compte- rendu d'une excursion au pays des volcans.

"Cette région isolée reçoit peu de visiteurs". Voici ce qui est écrit dans le Lonely Planet au sujet d'Andagua. Il ne nous en fallait pas plus pour décider de nous y rendre. La perspective d'échapper à un flot touristique oppressant nous motive à affronter de nouvelles difficiles heures de route. Opérer une liaison entre Cotahuasi et la Vallée des Volcans n'est en effet pas simple malgré que, géographiquement, les deux zones soient très proches à vol de condor. En bus bien des détours sont cependant nécessaires et les horaires, très souples, nous forcent à quelques heures d'attente. C'est ainsi que nous é- chouons toute une journée à Viraco, un village de montagne où les gringos se font rares. Autant dire qu'on suscite la curiosité... Andagua s'atteint au milieu de la nuit. Au lever du jour, nous découvrons un hameau paisible peuplé d'habitants aimables et courtois qui nous pressent de questions. Nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous et il faut faire des choix quant à nos randonnées. En une demie-journée, nous marchons jusqu'à la cascade d'Izanquillay, nichée dans une profonde vasque qu'encercle un cirque de falaises. Nous y apercevons notre premier condor. Puis, durant deux jours, nous partons à la re- cherche de ces fameux volcans pétrifiés qui ont donné son nom à la vallée. A première vue nous ne sommes pas partis dans la bonne direction car, si les volcans ne sont pas rares, nous ne trouvons trace de ces fameux cônes de cendres décrit dans le guide. Qu'à cela ne tienne, nous découvrons en revanche un paysage insolite et d'inspiration volcani- que traversé par une gigantesque faille dans laquelle coule une rivière turbulente. Un mini trek définitivement marqué par le coeur des habitants de cette région. (ci-dessous, pa- noramique de la Vallée des Volcans)
Le village de Viraco et sa tradition tauromachique
Vue d'ensemble d'Andagua
Dav sur la Plaza de Armas de Andagua
La cascade d'Izanquillay
Lama sur la route de la vallée des Volcans


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